Pensées d’un jour

Avez-vous dit code couleurs ?

Vous avez dit égalité ? Cette petite course banale, s’est transformée malgré moi en petit parcours expérimental.

Voilà plusieurs semaines que je voulais m’acheter une perceuse-visseuse, quel bonheur ! J’ai reçu un bon à utiliser chez les commerçants locaux. C’est extra, il y a une quincaillerie parmi eux. Plus de temps à perdre, ce matin, je vais acheter ma perceuse. Ni une ni deux, direction la quincaillerie à la Chaux-de-Fonds.

Après avoir découvert que ma petite quincaillerie s’est transformée en un immense centre, je m’attarde et observe, amusée de découvrir ces gaillards en bleu de travail. Le choix des outils me dépasse. J’accoste un vendeur qui m’oublie aussitôt. J’en aborde un autre, qui me conseille très simplement. Amusée de sa gentillesse et sa courtoisie, au détour d’une phrase, j’essaie de savoir pourquoi il ne me classe pas dans celles qui n’ont rien à faire ici. « Oh, j’ai eu trois filles, au début j’ai pensé que je serais seul à bricoler, mais maintenant, elles montent des cuisines sans moi ». Je souris au fond de moi. Mais comme les outils ici sont destinés à des professionnels, c’est un peu hors budget, je m’en vais donc à l’autre bout de la ville.

Je traverse Jumbo et découvre le coin “outils”. Comme à mon habitude je demande conseil. D’un air assez méprisant, j’ai droit à tout un discours, sur les murs en béton, le service après-vente et sur celle qui n’est plus en stock… Après trois choix de perceuses, j’abdique « Je vais me débrouiller, Monsieur, merci beaucoup ». La seule qui me paraît adaptée et juste ce qu’il me faut, n’est pas disponible.

Ceci est fort gênant et là, je suis perplexe. Au détour d’un rayon, je cligne des yeux devant une visseuse rose ! Rose bonbon au milieu de cette gamme d’outils vert foncé, la couleur dont le code saute aux yeux.

Je réfléchis et observe autour de moi. Une dernière tentative ? Je m’approche d’un autre vendeur et repose les mêmes questions. (En fait, j’adore poser des questions, c’est très instructif). Je glisse au passage quelques mots comme atelier de mon pèresculpture et ça passe bien. « Ce que je vous conseille pour vous, Madame, c’est celle-ci, mais je ne l’ai pas en stock. Je peux vous vendre le modèle d’exposition mais c’est embêtant, je n’ai pas le droit de vous faire de rabais ». Il prend le temps de m’expliquer plein de détails et je repars avec une perceuse-visseuse et un rabais ! Au retour, je la pose très fièrement à sa place, alors que je revis avec amusement ma longue matinée.

Pour dire vrai, je n’achète pas des perceuses tous les jours. Mais oh ! Quel bonheur, aucun fabricant n’a eu l’idée d’en fabriquer un rose, car sûr que celle-là, on me l’aurait fortement conseillée.

 

 

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